Vide

Vous êtes-vous déjà retrouvé en plein milieu d’une foule ? D’une table remplie ? D’un événement bondé ? Entouré mais pourtant vous vous sentiez seul ? Je ne sais pas quel nom nous donnons à cette solitude. Elle est tellement personnelle, elle vit à l’intérieur de nous, nous sommes entourés mais le cœur est vide. 

C’est vide, en suis-je la cause ? Peut-être que je suis trop comme-ci et pas assez comme-cela, peut-être que les autres y ont accès et moi non. Peut-être que le destin en a décidé ainsi. Mon cœur est terriblement vide, pourquoi ? 

Je me suis perdue, plus d’une fois, aux creux de bras qui n’étaient pas sincères. Endormie auprès d’hypocrites, de menteurs et lâcheurs. Je me suis appuyée sur des épaules instables, j’ai donné sans recevoir. Cette liste d’échecs accumulés sous mes yeux, je me demande si le problème ce n’est pas moi, tout simplement. Si je pouvais tout recommencer, je le ferais, mais j’essaye d’accepter que ces erreurs m’ont aidée, qu’elles m’ont fait grandir. Mais impossible d’oublier l’idée de parfois avoir été salie.

J’ai aimé, plusieurs fois. J’ai aimé si fort, parfois, à en perdre la raison. J’ai aimé à m’en détester. Mais qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Dans cette époque où tout semble tenir à un fil, où tout va si vite, j’ai brulé des étapes et dans cette course au plus heureux, au plus amoureux, je me suis perdue.

A vouloir tout donner, j’ai tout perdu. 

Je suis devenue dépendante affectivement, dépendante du moindre signe d’amour, dépendante d’une sécurité inexistante, de paroles infondées et d’actes absents. J’ai cherché à remplacer ce trou béant qu’avait laissé le départ de ma mère et l’absence de mon père. J’ai cherché mon bras droit, à tout prix, j’ai cherché un pilier, un appui, une épaule. J’ai cherché la sécurité, le calme, l’apaisement. J’ai cherché à ce qu’on me rende ce qu’on m’avait arraché.

Je n’ai rien trouvé, mais j’ai compris que personne ne me rendrait l’amour d’une mère, la sécurité d’un père et la sérénité d’un famille. J’ai compris qu’on ne se perdait pas par amour ni par passion, que l’épaule solide que je cherchais, c’était la mienne. 

Je suis restée seule et je me suis demandé pardon pour ceux que je n’avais pu aimer à leur juste valeur et pour ceux avec qui j’avais oublié de m’aimer et de me respecter. 

L’erreur est parfois inévitable et j’ai appris à ne plus avoir honte de les reconnaitre et à les accepter. 

Une fois accepté le fait qu’un bouton supprimer ou retour n’existe pas, il faut maintenant regarder droit devant, et maintenant ? Quelle est la meilleure façon d’aimer ?

Je crois qu’aujourd’hui aimer fait peur, aimer fait fuir. Il faut mentir et surtout ne pas tout montrer. Être un hypocrite amoureux, si possible. Si je peux me permettre, nous sommes ridicules.

Je tourne une page de ma vie amoureuse, une page qui est si vide et qui me terrorise, elle est blanche cette page, prête à y accueillir ce prénom, cette nouvelle histoire, qui, je l’espère secrètement, sera la dernière. 

Je pense que nous avons 3 réels amours dans notre vie.

Le premier amour est notre première expérience, c’est un amour un peu idéaliste, on le compare à ce qu’on connaît à travers les films ou ce que la société nous présente. On le croit invisible et pourtant. 

Le deuxième amour, l’amour dit « difficile ».

Cet amour blesse, ment, trahit. Il nous déchire le cœur en 1000 morceaux. On découvre une autre facette de l’amour, un côté beaucoup plus sombre, égoïste et pervers. 

Cet amour est rythmé par des montagnes russes émotionnelles, des hauts et des bas qui nous plongent dans une dépendance affective extrêmement malsaine. 

L’idée même de quitter cette relation toxique, de soi-même, est bannie. On reste, même si on souffre, c’est plus fort que nous, en espérant qu’un jour la tendance change.

Ce deuxième amour est tout sauf naturel, c’est un exercice d’épuisement émotionnel et physique. 

Il est formateur, on en sort beaucoup plus fort, on en apprend sur nous même, on sait désormais ce qu’on attend réellement de l’amour. 

Et il y a le troisième, il arrive sans prévenir, mais ne bouscule pas, ne brusque pas, il s’installe calmement à une place qui lui convient parfaitement.

C’est tellement logique que ça semble irréel et pourtant tout est fluide, comme si ces deux cœurs avaient été formés l’un pour l’autre. 

Il est différent cet amour, physiquement, moralement, il est peut-être différent de nos critères, il ne remplit certainement aucune case et pourtant tout prend sens avec ce dernier. 

Aucun mur ne peut résister à cet amour, c’est le plus fort, le plus sincère et le plus authentique.

Il y a quelques mois j’ai cru qu’il était là, le troisième. Il est arrivé sans prévenir, sans me faire peur. Il s’est installé dans ma vie, comme si sa place l’attendait depuis toujours. Il était là et tout était si naturel, si simple, presque logique. C’était lui. « Je ne peux pas l’expliquer, mais je le sais, je l’ai su depuis le début » Ce sont ses mots, des mots provenant d’un homme à l’allure forte et puissante. Une force calme et apaisante. Je l’ai cru et lui aussi y croyait. 

Et puis un doute et plus rien. Juste un petit doute et silence radio, du jour au lendemain. Encore une fois, on m’a tout donné pour tout me reprendre. 

Je m’en suis voulu, je me suis détestée de ne pas avoir été à sa hauteur, détestée pour un acte qui ne dépendait pas de moi, détestée car il avait lâché cette main que j’avais eu si peur de tendre. 

Encore une fois, je me torture, comme s’il était impossible que l’erreur viennent d’autrui. Je cherche en vain à comprendre pourquoi ? Pour qui je paye ? Pourquoi me reprendre ce que l’on me donne ? La tristesse a laissé place à la colère, à la frustration et puis à l’acceptation.

Je suis fatiguée et je suis vide. J’ai peur et je ne sais plus quelle est la meilleur façon d’aimer, je ne sais plus jouer avec les codes. Malgré la réalité de la vie qui m’a heurtée bien plus d’une fois, je veux croire qu’on a tous quelque part, une âme sœur, un cœur, un corps qui est fait pour nous, une main qui n’attend que la nôtre. 

Ces dernières années, je me suis battue pour me construire, j’ai côtoyé mort, dépression, abandon, mais j’ai aussi fait des études, je suis partie vivre à l’étranger, j’ai pris mon indépendance, j’ai travaillé, j’ai fait 100 erreurs, mais j’ai appris 1000 leçons. J’ai coché toutes les cases que je voulais noircir à 23 ans. Je suis celle que je voulais être il y a 6 ans. Mais je suis fatiguée, fatiguée de me battre seule, de ne jamais baisser ma garde, fatiguée de ne pas pouvoir m’endormir sur une épaule solide, de ne pas pouvoir pleurer aux creux de bras sincères. 

J’avais besoin de l’écrire, de le lire, 100 fois s’il le faut, d’accepter que d’avoir besoin d’amour, d’attention et d’honnêteté ne fait pas de moi quelqu’un de faible, mais quelqu’un d’humain. 

Nous avons tous besoin d’amour, peu importe notre carapace. A la fin de la journée, lorsque l’on se débarrasse de celle-ci, nous avons tous besoin de cette épaule solide. Je prône l’amour propre avant tout, mais une fois que vous avez appris à vous aimer, distribuez cet amour, ne cessez jamais de le donner. L’amour sauve, l’amour guérit, l’amour protège. 

Quant à moi, je ne vais rien chercher, je vais continuer à avancer, le regard droit devant. Si le destin le décide, un jour je recevrai sans qu’on me reprenne. J’aimerais un jour relire ces lignes, me souvenir qu’elles ont été écrites le cœur vide et les yeux remplis de larmes mais qu’aujourd’hui, cette page blanche qui me terrifiait tant ne l’est plus, qu’un prénom y est inscrit, qu’une histoire s’écrit et que quelqu’un n’a pas eu peur de m’aimer. 

Remplissez vos cœurs.

A ceux que j’ai aimé, 

A cette nouvelle page, 

3 Comments

  1. Bravo ! Bravo d’avoir su écrire ces lignes et d’avoir ouvert son cœur …
    J’ai vécu des choses similaires aux tiennes, le deuil, l’abandon, l’amour passionnel mais destructeur et aujourd’hui je suis heureuse, amoureuse, complète … ça a pris du temps, 5 ans, mais j’y suis parvenue et quand le destin l’a décidé rien ne peut l’empêcher … reste positive, prends soin de toi, et tout viendra au bon moment et avec la bonne personne …

    J’aime

  2. Magnifique texte qui me parle énormément. C’est tellement difficile de poser des mots sur ces sentiments que je partage également. Tu le fais extrêmement bien , c’est fluide comme si les mots sortaient les uns après les autres dans la fluidité la plus totale . Bravo 👏🏼.

    J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s