L’échec

Je suis partie de Paris à l’aveugle, ignorant tout de ce qui m’attendait de l’autre côté de l’atlantique, j’ai débarqué dans un pays dont je ne connaissais absolument rien, même pas le nom de la monnaie. Je n’ai pas fait de recherches, je voulais tout découvrir sur place, vivre l’expérience à 100%. Ne pas avoir d’attentes pour ne pas pouvoir être déçue. 

Je suis partie pour fuir Paris, fuir un quotidien qui ne me rendait plus heureuse, un quotidien qui me rendait mauvaise, négative et fragile. Quitter sa zone de confort, c’est sûrement l’une des choses les plus dures que je me suis infligée. J’ai pris les choses à la légère depuis le début, comme-ci je pensais être au-dessus des doutes et des dangers que représentaient cette expérience. La faute à mon égo, il fait juste son rôle, il me protège. 

Le plan c’était de partir à l’autre bout du monde, seule, prouver à qui veut bien l’entendre que j’étais une aventurière et que rien ne me faisait peur, que je n’avais besoin de rien ni de personne. Donner le meilleur de moi-même dans mon stage, m’ouvrir, découvrir une nouvelle culture, me faire de nouveaux amis et rentrer 6 mois plus tard, métamorphosée par cette expérience. Sur le papier ça donne envie, je signe toute suite.

Mais la vérité c’est qu’on ne maîtrise rien. Je viens de me prendre l’une des plus grandes claques de ma vie. Fuir un problème n’a jamais été solution, et encore plus lorsque le problème c’est toi-même. 

3 mois après avoir quitté Paris, je comprends enfin que le souci ne vient pas des autres, mon problème c’est moi. Le problème c’est cette petite voix qui débarque en plein milieu de tes pensées positives, pour te dire de tout lâcher, pour te dire que tu n’as pas pris le bon chemin, pour t’éloigner de tes objectifs. J’ai écouté cette voix toute ma vie, c’est pour ça que je n’ai jamais abouti un seul de mes projets. 

J’ai arrêté mon stage 4 mois avant la fin de celui-ci, voilà donc un échec de plus à accrocher à ma collection. J’ai une relation particulière à l’échec, je suis habituée à cette sensation, et chaque fois je m’inflige les reproches les plus tordus. J’ai arrêté car les choses ne me convenaient pas, car je n’aimais pas mon rôle, car j’avais l’impression de perdre mon temps, car une fois de plus dans ma vie, je ne voulais pas rentrer dans ma case. 

Je suis restée enfermer 8 jours dans ma chambre, je me levais pour manger et je retournais me coucher, toutes les pensées positives que je m’efforçais d’envoyer à mon cerveau étaient immédiatement rejetées. 8 jours, sans doute la plus longue remise en question de ma vie. J’étais incapable de sortir, de voir le soleil ou même de tenir une discussion avec qui que ce soit. Cet échec c’est la goutte de trop. 

A 22 ans je prends conscience que ces échecs naissent de la relation la plus malsaine que je n’aie jamais eu, celle que j’entretiens avec moi-même. Je prends conscience que je n’aboutirai à rien car je ne crois pas en moi, je ne me donne même pas un semblant de confiance, alors qui m’offrira la sienne ? J’ai compris que peu importe où je me trouve sur cette planète, si je ne m’aime pas, personne ne m’aimera, si je ne crois pas en moi, personne ne croira en moi. Je cours après l’amour depuis des années, alors que je ne me suis jamais aimée moi-même. 

J’ai décidé de ne pas rentrer à Paris, car cette fois je ne vais pas fuir, et je vais affronter le problème. Je veux croire que si les choses ne se passent pas comme prévues c’est qu’il y a une raison. Je n’ai jamais été aussi seule, mais je n’ai besoin de personne d’autre que moi-même, j’apprends chaque jour à me connaître un peu plus. L’échec ne résume pas nos vies, ce qui résume nos vies ce sont nos réussites, ce sont toutes les fois où on se relève, tu n’es pas une mauvaise personne si tu dis NON, tu n’es pas une mauvaise personne si tu suis ton coeur, tu n’es pas minable si tu pleures, tu as le droit de rester enfermée chez toi toute une semaine si tu en as besoin. Ecoute-toi. Ne perd pas ton temps, aime-toi et l’amour viendra à toi. Sois heureux et le bonheur sera ton allié. 

N’aie pas peur de vivre ta vie, il y aura toujours des personnes toxiques et négatives, ce qui compte c’est toi, combien de personnes me jugent à la lecture de ces lignes ? Est-ce que ça m’empêchera d’être une bonne personne ? Est-ce que ça m’empêchera d’être heureuse ou épanouie ? La réponse est NON.

Me concernant, je prends mon temps. Je me suis demandée pardon pour tout ce que je me suis infligée pendant des années, j’ai remercié ceux que j’aimais de ne m’avoir jamais abandonnée. 

Je vais au restaurant seule, je vais au cinéma seule, je marche seule, je cuisine, je vais au sport tous les jours, je regarde des tutos pour prendre soin de mes cheveux, j’écris, je fais des listes. 

J’essaye d’être une meilleure personne pour moi-même.

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